La hausse de l’espérance de vie en Europe ralentit : causes et facteurs de risque

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Depuis plusieurs décennies, l’espérance de vie n’a cessé de croître en Europe grâce aux progrès de la médecine, à une meilleure alimentation et à l’amélioration des conditions de vie. Cependant, cette tendance s’est infléchie depuis une dizaine d’années. Dans plusieurs pays européens, la hausse de l’espérance de vie a ralenti, voire stagné, et la crise sanitaire de la Covid-19 a accentué cette dynamique. Quels sont les facteurs expliquant cette stagnation et comment inverser cette tendance ?

vieillissement - espérance de vie en Europe

Un ralentissement inquiétant de l’espérance de vie en Europe

Une étude publiée dans The Lancet Public Health, analyse les évolutions de l’espérance de vie dans 16 pays de l’Espace économique européen (EEE) et les quatre nations du Royaume-Unis sur une période de plus de 30 ans. Cette analyse met en lumière un ralentissement des progrès en matière d’espérance de vie depuis 2011, ainsi que l’impact de la pandémie de COVID-19 entre 2019 et 2021.

  • Des progrès constants jusqu’en 2011

Entre 1990 et 2011, tous les pays étudiés ont enregistré une augmentation annuelle moyenne de 0,23 an de l’espérance de vie. Cette amélioration s’explique principalement par la diminution des décès liés aux maladies cardiovasculaires et aux cancers, grâce aux avancées médicales et à la réduction de certains facteurs de risque (tabagisme, hypertension,etc.).

  • Un net ralentissement entre 2011 et 2019

Cependant, à partir de 2011, la progression ralentit dans la plupart des pays étudiés, passant à une augmentation moyenne annuelle de 0,15 an. L’exception notable est la Norvège, où l’espérance de vie est passée de 0,25 par an à seulement 0,07 an, marquant l’un des ralentissements les plus significatifs.

Parmi les causes de ce phénomène, l’étude souligne une stagnation, voire une augmentation de l’explosion aux principaux facteurs de risque, notamment l’obésité et la mauvaise alimentation (consommation accrue de produits transformés, riches en acides gras saturés et succès raffinés). Le manque d’activité physique est aussi un facteur important de cette stagnation, nos sociétés occidentales étant de plus en plus sédentaires, ce qui favorise le risque de maladies cardiovasculaires.

  • L’impact de la pandémie de COVID-19 (2019-2021)

Entre 2019 et 2021, l’espérance de vue a chuté dans presque tous les pays analysés, avec une baisse annuelle moyenne de -0,18 an. Certains pays comme la Grèce et l’Angleterre ont connu des baisses particulièrement marquées (jusqu’à -0,61 an par an en Grèce).

courbe espérance de vie en Europe

Cependant, cinq pays ont réussi à maintenir ou améliorer leur espérance de vie malgré la pandémie : l’Irlande, l’Islande, la Suède, la Norvège et le Danemark. Ces pays avaient mieux résisté à la baisse des décès liés aux maladies cardiovasculaires et aux cancers, grâce à une meilleure gestion des facteurs de risque et des systèmes de santé plus robustes.

Les principaux facteurs de risques identifiés

L’étude met en avant plusieurs facteurs de risque influençant l’évolution de l’espérance de vie : 

  • Facteurs en amélioration :
    • Réduction du tabagisme, un des principaux responsables des cancers et maladies cardiovasculaires.
  • Facteurs en aggravation :
    • Obésité en hausse dans tous les pays étudiés
    • Hypertension artérielle et cholestérol élevé, donc la baisse à ralenti après 2011.
    • Alimentation déséquilibrée, avec une consommation insuffisante de fruits, légumes et fruits.
    • Sédentarité, facteur aggravant des maladies cardiovasculaires et métaboliques.

L’étude souligne que les politiques de santé publique ont joué un rôle crucial dans la maîtrise de ces facteurs. Par exemple, les politiques nutritionnelles en Norvège et les stratégies anti-tabac en Suède ont contribué à une meilleure résilience face aux crises sanitaires.

Espérance de vie en Europe : Des politiques publiques déterminantes

Les acteurs de l’étude insistent sur la nécessité de politiques publiques fortes pour inverser la tendance. Parmi les recommandations :

  • Renforcer la prévention des maladies cardiovasculaires et des cancers, en promouvant une alimentation saine et l’activité physique.
  • Mieux encadrer les industries alimentaires et du tabac, responsables d’une grande partie des risques sanitaires.
  • Investir dans les systèmes de santé, notamment en facilitant l’accès aux soins préventifs et curatifs.
  • Adopter des mesures fiscales et réglementaires, comme la taxation des aliments ultra-transformés et des boissons sucrées, à l’image de la Norvège et du Royaume-Unis.

Cette étude met en évidence une double tendance préoccupante : un ralentissement des gains en espérance de vie depuis 2011 et une baisse marquée due à la pandémie de COVID-19. Toutefois, certains pays ont montré qu’une politique de santé publique proactive peut atténuer ces effets et garantir une amélioration continue du vieillissement, en particulier en bonne santé.

La leçon principale est que les gouvernements ont le pouvoir d’influencer durablement la santé de leur population. Une action ciblée sur les principaux facteurs de risque – alimentation, activité physique, lutte contre le tabac et accès aux soins – est essentielle pour reconstruire la résilience sanitaire en Europe.


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Cet article a été publié par la Rédaction le

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